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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 05:40

  stao01.JPG  Toute pensée, toute réflexion, toute méditation, quel qu'en soit l'objet ou le terme, repose en définitive sur un principe logique qui est nécessaire et indéfectible : le principe d'identité, dont la formule s'exprime ainsi : l'être, est, le non-être n'est pas.
    Mais l'être peut être en soi et par soi en autre chose et par autre chose. Or tout être qui n'est pas en soi et par soi implique en dernière analyse, à la limite, un être en soi et par soi. Celui-ci est donc de la sorte, le seul être nécessaire.
   Que cet être, en soi et par soi, fondement nécessaire de toute existence et de toute réalité, est unique et, par suite, absolu, cela est évident ; car il ne serait pas possible de distinguer l'un de l'autre deux êtres qui seraient parallèlement en soi et par soi : leur identité résulterait de leur propre définition.
    Nécessaire, unique, absolu, cet être en soi et par soi est infini, puisqu'il ne peut y avoir en dehors de lui un autre être en soi et par soi, sans que celui-ci lui soit substantiellement identique. De ce qu'il est unique, il s'ensuit qu'il est absolument infini.
    Enfin, il doit être qualifié de Substance, puisqu'il est seul et nécessairement, d'une manière absolue et absolument infinie, l'Etre en soi et par soi d'où dérivent toute existence et toute réalité.  Il est Dieu.

    Si l'on approfondit cette conception philosophique et purement intellectuelle de Dieu, on se rend compte bien vite qu'elle fait de Dieu une Nature. Or il n'y apas de Nature pure et nue, de Nature en soi. Aussi un Spinoza, par exemple, s'empresse-t-il de compléter sa définition de la Substance par la définition d'attributs, qui sont autant de déterminations de cette Substance. Ces déterminations n'ont sans doute pas pour effet d'imposer à la Substance des limitations dans son essence propre, qui demeure absolument infinie ; elles servent à qualifie son activité productrice dans la diversité de ses manifestations causales : les attributs de la Substance sont les formes infiniment variées de sa causalité immanente dans l'ordre des réalités qui dérivent d'elle. Par la notion des attributs nous avons en  fait dépassé la pure conception de la Substance pour descendre à la conception des modes, c'est-à-dire des choses particulières et finies qui se succèdent dans le devenir selon l'enchaînement des causes phénoménales ; nous n'avons pas réussi à donner à cette Nature absolue et infinie les qualifications internes, sans lesquelles elle demeure pour la pensée rationnelle un simple concept de l'entendement.

    Aussi, à l'encontre des philosophes, les théologiens sont-ils à peu près unanimes à nous présenter de Dieu une autre conception et à le définir comme une personne, non plus comme la Substance. Mais qu'est-ce qu'une Personne sans une Nature qui lui serve en quelque sorte de contenu et de substrat ? Si la Nature en soi est une abstraction, la Personne en soi ne l'est pas moins. La Personne est proprement la détermination d'une Nature, la possession de cette Nature ; et si celle-ci est l'Absolu, la Personne sera la manifestation d'une relation interne de l'Absolu. Si par conséquent, « on ne peut pas penser à la nature divine sans la penser dans quelqu'un qui la possède » (1), inversement on ne peut saisir Dieu directement comme Personne, mais seulement dans une Personne, comme constituant la nature immanente et substantielle de cette Personne. Mais comment concevoir une relation dans l'Absolu ? si la Personne dénote une relation dans l'Absolu, elle ne saurait être en vérité une relation à l'Absolu, puisque ceci est contradictoire ; elle ne peut être qu'une relation à d'autres Personnes dans l'Absolu, au sein de la même Nature substantielle et infinie. Le concept de Personne, si on l'élève à l'Absolu, si on en fait ainsi le concept d'une Personne divine, implique nécessairement une pluralité de Personnes divines.

    Disons donc que le Dieu-Nature ou Substance des philosophes est le Dieu absolu, considéré en soi et par soi, comme éternel et infini, mais aussiinaccessible et invisible, le Dieu non-manifesté, l'En-Soph de la Kabbale juive, l'Un de Plotin qui, en un sens, est au-dessus de l'être (1). Par contre le Dieu-Personne des théologiens est le Dieu manifesté, éternel aussi et infini, puisqu'il est la figure de la Substance absolue, mais dont la manifestation s'ordonne harmoniquement à deux ordres de réalités : il est, d'une part, la face lumineuse et tournée vers nous de l'Absolu inaccessible ; de l'autre, la révélation au sein de la Substance divine d'une vie interne dont les relations immanentes sont à préciser et à venir.

 

Gabriel Huan

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