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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 05:14
 cerise.jpg "Je vois cette cerise, je la touche, je la goûte, je suis sûr que le néant ne peut être vu, touché ou goûté: la cerise est donc réelle. Enlevez les sensations de souplesse, d'humidité, de rougeur, d'acidité et vous enlevez la cerises, puisqu'elle n'existe pas à part des sensations. Une cerise, dis-je, n'est rien qu'un assemblage de qualité sensible et d'idées perçues par divers sens : ces idées sont unies en un e seule intelligence parce que celle-ci remarque qu'elles s'accompagnent les unes les autres. Ainsi quand le palais est affecté de telle saveur particulière, la vue est affectée d'une couleur rouge et le toucher d'une rondeur et d'une souplesse, etc. Aussi quand je vous, touche, et goûte de ces diverses manières, je suis sûr que la cerise existe, qu'elle est réelle; car, à mon avis, sa réalité n'est rien si on l'abstrait de ces sensations. Mais si par le mot cerise vous entendez une nature inconnue, distincte de toutes ces qualités sensibles et, par son existence, quelque chose de distinct de la perception qu'on en a, alors certes, je le déclare, ni vous, ni moi, ni aucun autre homme, nous ne pouvons être sûr de son existence".

Berkeley
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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 23:02

STEVENOI     Au début de la vie, chacun porte en soi ce secret limpide qui fait de nous quelqu’un, et de cet homme le lieu où ruisselle la valeur et le principe même de cette eau : moi. Extraordinaire absence d’emphase de cette chose ! Elle touche le Ciel, elle est le Ciel, elle condense tous les feux de celui-ci, et elle n’est pas plus allurée que la frange de la nappe ou que la craquelure du trottoir. Je ne peux penser à ce genre de chose insignifiante sans que mes yeux s’humectent. Une fois, quand j’étais en pension au lycée français de Londres, je me suis mis à pleurer de pure joie en entendant un balai-brosse racler le sol cimenté du réfectoire. Eh bien, le Ciel est humble comme cela. Je suis le Ciel, je suis la Sainteté et la Divinité, et je suis insignifiant.

     Lors de ta première intervention, Seigneur, tu as eu l’idée de ce secret. L’idée du Gars et de la Garce. Pour que cette humanité invisible, intangible, soit viable, tu devais lui donner une respiration. Tu as trouvé pour l’âme ce souffle : se savoir. L’as-tu extrait de ce que tu es ? As-tu convoqué un de tes anges ? La conscience est-elle accourue pour te servir et me servir, dans un bruissement d’ailes ? As-tu forgé sur le tas, pour les besoins de ma cause, le fabuleux principe d’autoconnaisance ? Il n’y a que trente ans que je médite là-dessus, aussi serai-je très prudent dans ma réponse : il me semble que l’hypothèse angélique est la bonne. Oui, j’incline à croire que la conscience est l’une de tes extensions ; pas n’importe laquelle : la première de tes délégations, le premier ange… Un autre jour, Seigneur, je te dirai sur quoi se fonde mon impression. De toute façon, c’est ainsi que, dans ta conception, la personne humaine capable de se connaître, de se savoir, est devenue première personne : moi.

     J’imagine que quelque chose comme des larmes de bonheur et de fierté ont jailli de toi quand tu as réalisé que ce que tu venais d’inventer. Et que tu as ressenti quelque chose comme un pincement de cœur, comme quelqu’un qui a choisi de s’immoler pour ce qu’il considère comme le Bien brûle plus haut et plus clair. Car c’est ce que tu as fait, Dieu. Tu nous as choisis de préférence à toi. Tu as conçu l’indépassable énigme de l’existence personnelle et décidé que désormais ce serait le commencement, la fin et le milieu de tout. Et tu as disparu en moi, du moins je le crois : comme une poignée de sel se dissout dans l’eau.

     Ainsi as-tu fait de chaque homme l’étai du Ciel, le pilier du Divin. Quatre milliards d’âmes. Quel risque ! Quelle responsabilité ! L’un de nous, au-dedans, se fripe, rompt le pacte originel d’amour pour sa propre humanité, et le Divin agonise.

     J’ai soudain très peur. Quatre fois je suis entré les yeux grands ouverts dans l’agonie de Dieu. Dans ta destruction, Seigneur. Quatre fois, une main anonyme a plongé jusqu’au fond de moi et brisé ce lien d’amour. Je suis devenu indifférent à moi-même. Je suis devenu une étincelle d’indifférence pure. Le lien qui m’attachait à la valeur mourait. Nul ne le soupçonne, mais dans l’état naturel d’amour de soi, un milliard de fils d’amour nous attachent à chacune de nos perceptions. J’ai senti ces fils, un à un, se rompre. Celui qui m’unissait au sable de l’allée cavalière de l’avenue Henri-Martin. Celui qui m’unissait à cette feuille et celui qui m’unissait à cette autre. Celui qui me reliait à la rumeur de la ville. C’était le printemps, il faisait un temps exquis. La masse fraîche, piquetée de rose, des marronniers ondoyait dans un doux souffle bleu. Ce spectacle ne m’ennuyait pas. Il ne s’était pas enlaidi, pas affadi. Le lien invisible qui depuis toujours m’unissait au sourire printanier avait été sectionné dès son attache, dans la contexture profonde de mon être. Cette perception mourait. Je mourais à chacune de mes perceptions et impressions. J’avais soif, très soif. Ceci eût dû me ramener à la normale, me sauver. On ne peut être indifférent sa soif ! Je m’accrochais à cette sensation comme un homme qui se noie à une planche providentielle. Vain espoir. Ce n’était qu’un peu d’écume. La puissante étreinte de ma soif est devenue lâche. Avec une terreur indicible, j’ai senti que ce lien primitif, le dernier qui me nouait à la vie, mourait lui aussi. J’entrais tout vif dans le néant. Les flammes de l’enfer me léchaient. Je suis rentré chez mes parents en titubant. J’ai continué de mourir spirituellement pendant plus d’une heure.

     Je ne puis regarder un visage humain sans inquiétude. Je ne sais de qui je dois avoir le plus peur, du joueur de football professionnel ou du monsieur cultivé. La seule jauge dont je dispose est celle de l’échange verbal, et ses indications ne sont jamais concluantes. La question que je me pose est évidemment : dans quelle mesure cet homme est-il en train de tuer Dieu ? Que reste-t-il en lui de Tom Sawyer ? Dieu ayant fait muter chez moi dès l’adolescence l’initiale perfection de moi, je ne sais pas ce qu’est l’âge adulte normal. J’ai mes problèmes, mais ils sont autres. Je ne puis puiser en moi aucun élément de réponse à ma grave interrogation. Je me trouve devant le brouillard le plus absolu. Je suis à jamais privé du recours à la projection psychologique. Hélas ! Si aveugle que je sois, je sais additionner 2 et 2 et faire 4. Une âme abîmée, flétrie, est bien souvent la vérité des traits physiques que j’interroge.

   J’ai mis longtemps à me persuader du fait. Ce doit être vers l’âge de trente ans, après avoir parlé à bien des gens, qu’atterré, inquiet, je me suis rendu à l’évidence. Une fois passé le seuil de l’âge adulte, moi, généralement, s’éteint. Une pluie de cendres s’abat sur le successeur légitime de Dieu. Autant dire Dieu. Une pluie de cendres s’abat sur la première personne humaine, et celle-ci disparaît sous le linceul. C’est comme si elle n’avait jamais existé. C’est comme si Dieu n’avait jamais existé. Les cendres ont aussi effacé le souvenir de Dieu : n’est-ce pas particulièrement atroce ? Et, désormais, « moi » va signifier « cendres ». Que faire de cette poudre morte si ce n’est la verser dans une poubelle ? Le geste est naturel. Puis-je me permettre une question ? Une question personnelle. Êtes-vous absolument sûr que tout est éteint ? Selon moi, non. Une braise doit être encore là, au milieu des cendres. Je vous suggère la prudence. Si submergeante puisse être votre sensation que l’homme est un déchet, mieux vaut faire preuve de circonspection. Je conviens que le geste relève de l’acte de foi : explorez tout de même les cendres. Et ne remettez pas directement notre humanité calcinée à l’éboueur, au risque de voir finir sur la décharge le feu résiduel de Dieu. (…) Depuis que tu es intervenu dans ma substance, Seigneur, je rampe dans un roncier avec une idée fixe : dire l’incommensurable événement, décrire avec précision et clarté cet autre sens du mot « perfection » ; du mot « moi ». (…)

      [L’un des enseignements majeurs de la Vérité est l’irréalité fondamentale de tout fait, de toute vérité : ] … Je te vois à travers la fenêtre, Dieu, et dois te récuser en tant qu’hallucination : voici l’une de tes expressions les plus pures, Dieu. Voici l’une des plus grandes étrangetés que tu as incorporées au principe moi quand tu l’as fait muter. Voici l’une des puissances que j’ai trouvées dans ta maison quand, brûle-pourpoint, tu m’y as installé. Je l’emplissais entièrement et toi donc, Père, je t’en ai chassé. Décidément, Père, tu es avare de ta présence. (…) Tu es en train d’inventer la vie, Seigneur ! Tu es en train de la réussir ! Tu es en train de m’inventer, Seigneur ! Tu es en train de me réussir ! (…) Je ne peux pas me mettre à genoux. J’aimerais, j’aimerais tant ! Mais comment faire ? En surgissant dans la maison de mon Père, selon son vœu, je l’en ai chassé ; les choses ont dû se passer ainsi ; et tout ce qu’il y a ici, qui est partout, est MOI. « Que vois-tu, petit trou du cul d’enfant d’homme ? - Je n’aperçois, à « gain de vue », que JE qui JEJOIE, et VEILLE qui VEILLOIE ; absolument rien d’autre qu’un petit trou du cul d’enfant d’homme. » Aussi ne tomberai-je pas à genoux. JAMAIS. Aussi, jusqu’à ce que mort m’emporte, m’interdirai-je toute marque de déférence et de respect à l’endroit de la divinité. Aussi, jusqu’à ce que mort m’emporte, manifesterai-je ma dévotion par l’impertinence, la grossièreté, l’insulte, je serai brûlant dans mon irrévérence.


Stephen Jourdain


 L'irrévérence de l'Eveil

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 21:06
sophrony.jpg«  Grand est le mot "Je". Il désigne la personne. Seule la personne vit réellement. Dieu est vivant parce que hypostasique. Le contenu de cette vie, c'est l'amour. Parce que Dieu dit "Je", l'homme peut dire "tu". Dans mon "je" et dans son "tu" se trouve tout l'Être : et ce monde et Dieu. Hors et au-delà de Lui, il n'y a rien. Si je suis en lui, alors moi aussi "je suis" ; mais si je suis hors de lui, je meurs. »

"Dans la vie, il n'y a rien de banal, de petit, d'insignifiant."

Archimandrite Sophrony

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 19:52
02alice.jpgAlors oui vraiment le Renard il continue à bâtir l'échelle des certitudes et tout et tout. Donc le Renard il est et il ressent...Mais es-ce tout? Loin de là! Le Renard de toute évidence perçoit. Renard perçoit des couleurs,  perçoit des sons, perçoit des figures et des formes,perçoit des rythmes et des intensités. Es-ce à dire que Renard perçoit donc des objets? Non, Renard ne peux l'affirmer sans ici tomber dans l'hypothèse. Comme le disait le Krishna Menon:

"Avoir conscience d'un objet prouve la conscience, ça ne prouve pas l'objet"

Le fait que Renard Perçoive ceci est une certitude....la nature de ce qui est perçu est pour l'instant toujours du domaine de l'hypothèse. Il y a plusieurs autre évidences très intéressante à propos des perceptions...mais malheureusement il va falloir un quatrième barreau pour grimper jusque là.....Et oui,c'est un misérable adepte du suspense Renard!
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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 14:07
soren.jpg«La vérité éternelle essentielle n’est pas du tout en elle-même paradoxale, mais elle n’est telle que dans son rapport avec un sujet existant.

Expliquer le paradoxe signifierait alors saisir toujours plus profondément ce qu’est un paradoxe et que le paradoxe est le paradoxe. Ainsi Dieu est une représentation suprême qu’on ne peut expliquer par quelque chose d’autre, mais seulement par le fait qu’on s’approfondit soi-même dans cette représentation.

Objectivement, on accentue ce qui est dit; subjectivement, comment c’est dit. Cette distinction vaut déjà en esthétique, où elle dit que ce qui est vérité peut, dans la bouche de celui-ci ou de celui-là, devenir mensonge. Objectivement, on ne s’informe que des déterminations de la pensée: subjectivement, que de son intériorité. A son somment, ce “comment” est la passion de l’infini, et la passion de l’infini est la vérité elle-même.

Une telle définition de la vérité est la suivante: l’incertitude objective appropriée fermement par l’intériorité la plus passionnée, voilà la vérité, la plus haute vérité qu’il y ait pour un sujet existant. Là où le chemin bifurque (où, on ne peut le dire objectivement, car c’est justement la subjectivité) le savoir objectif est suspendu. Objectivement on n’a donc que de l’incertitude, mais c’est justement par là que se tend la passion infinie de l’intériorité, et la vérité consiste précisément dans ce coup d’audace qui choisit l’incertitude objective avec la passion de l’infini.»

Sören Kierkegaard
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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 05:39
tao-2.jpg-"Ce que disait Tseng Lao-weng des rivières qui s'écoulent dans l'Océan me rappela la belle formule par laquelle Sir Edwin Arnold exprima le mystère du Nirvana:"la goutte de rosée qui glisse dans la mer étincelante". J'y voyais depuis longtemps une description poétique de cet instant où le prétendu individu,enfin libéré des chaînes de l'ego,se fond dans le Tao,dans le Vide.Je savais que c'était une expérience d'une intense béatitude, mais ce fut Tseng Lao-weng qui alors m'en révéla toute l'éblouissante splendeur dans des termes qui me firent battre le cœur. Je me suis demandé ensuite si Sir Edwin Arnold avait lui-même saisi toute la portée de sa phrase.
A un moment où Tseng Lao-weng s'était interrompu comme s'il attendait que je parle, je lui traduisis ce beau vers.J'en fut récompensé par un sourire où le plaisir se mêlait à la surprise.L'œil brillant, il me répondit:"Mes compatriotes ont tort de considérer comme des barbares les peuples de l'Océan occidental.L'image de votre poète est perspicace, exaltante!Cependant elle ne saisit pas tout l'ensemble.En effet,lorsqu'une petite masse d'eau entre dans une plus grande les deux restent certes inséparables,mais la petite ne constitue alors qu'un fragment de l'ensemble.Considérez au contraire le Tao,qui transcende à la fois le fini et l'infini.Puisque le Tao est tout, et que rien ne lui est extérieur.Puisque sa multiplicité et son unicité sont identiques,lorsqu'un être fini laisse tomber l'illusion d'une existence séparée,il n'est pas perdu dans le Tao comme une goutte de rosée qui se fond dans la mer; du fait même qu'il rejette ses limitations imaginaires,il devient immesurable.N'étant plus lié par les catégories de ce monde que sont le tout et la partie,il découvre qu'il est coextensif avec le Tao.Plongez le fini dans l'infini,et bien qu'il ne reste qu'un, le fini, loin d'en être diminué,assume la stature de l'infini. Ceux qui sont des logiciens n'approuveront pas, mais si vous percevez la signification cachée, vous rirez de leurs arguties enfantines. Votre perception vous mettra face à face avec le véritable secret chéri par tous les sages accomplis-un secret glorieux,éblouissant,vaste,à peine concevable! L'esprit de celui qui revient à la Source devient la Source. Votre propre esprit, par exemple, est destiné à devenir l'univers!"
Ses yeux âgés et sages,qu'animait alors une joyeuse gaieté, transperçaient les miens. Pendant un bref instant je pus partager l'immensité de sa vision intérieur. La félicité éprouvée était si bouleversante que je fus contraint d'abaisser mon regard. Pour quelqu'un d'aussi peu préparé que je l'étais, une prolongation de cet éclair de vision illimitée aurait été plus que ne pouvaient soutenir la chair et le sang."-

Le Taoïsme Vivant, John Blofeld



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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 02:43
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 00:15
homme-tache.jpgAlors Renard oui vraiment il veut continuer à monter l'échelle de la certitude...... alors maintenant Renard il sait qu'il est et il sait qu'il se sait être! Renard s'éprouve. Mais Renard éprouve aussi ce qu'on appelle des émotions et différend genre d'affects. Ex: La tristesse.

Si quelqu'un vient apprendre à Renard que son frère il vient de mourir....Renard va ressentir de la tristesse. Ce ressenti est pour Renard une certitude. L'on peut douter des causes de la tristesse; peut être le frère il est pas mort et le quelqu'un il ment, ou on peut imaginer que le Renard il rêve ou hallucine.....mais dans tout les cas il ressent la tristesse. Le ressenti est une certitude,les causes sont des hypothèses et tout et tout.

Renard il peut tenir le même discours exactement pour les affects comme la douleur et le plaisir, ou un picotement et un élancement. Le fait que la douleur provienne d'une blessure corporelle ou bien d'une transe d'hypnose ne change rien a l'affaire.....de la douleur est ressenti.

Renard donc s'éprouve et éprouve. Il se sait et il se sent.Et oui,c'est un sensible le Renard!
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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 05:08

  vitrail-2.jpg  "L’esprit… Il en est de ce mot-clé comme des quelques autres mots-clé : si transparent, si évident que soit son sens pour notre intuition, il se montre absolument rebelle à la définition. On ne peut le définir que négativement. Dire ce qu’est l’esprit, non ; dire ce qu’il n’est pas, oui. Ce qui n’est déjà pas si mal !
    Tout de même, il est une manière de faire référence positivement à la nature de l’esprit. Elle n’est guère satisfaisante intellectuellement, c’est vraiment le moins qu’on puisse dire ! Mais elle est peut-être parlante :
    L’esprit commence au moment où l’esprit s’éprouve comme esprit.
    Le sens du mot sujet peut être abordé directement dans les même termes : le sujet commence d’exister au moment où il s’éprouve lui-même comme sujet. C’est ce qu’on peut dire de moins bête sur l’esprit et le sujet.
    Dans cet éclairage, devenir un esprit, c’est se reconnaître en tant que tel. Alors, qu’est-ce que, fondamentalement, l’esprit n’est pas ?
    L’esprit n’est pas matière. L’esprit est irréductible à tout phénomène matériel, quel que soit son degré de fluidité. Toute conception assimilant, si peu que ce soit, l’esprit à une matière, est perverse, c’est un crachat adressé directement à ce principe sacré qu’est l’esprit. C’est la raison pour laquelle je me hérisse quand j’entends parler de corps fluidique ou astral.
    Il n’est pas suffisant de dire que l’esprit est immatériel, on doit aller plus loin. L’esprit est irréductible à tout phénomène spatial. L’esprit est fondamentalement immatériel et inétendu. Dans la mesure où nos sensations nous apparaissent comme engagées dans l’étendue, l’on doit affirmer que la part authentiquement spirituelle de nous-même est fondamentalement non-sensorielle. Quand cette triple intuition est là, l’esprit est là. Si elle est défaillante, l’accès à l’esprit nous est barré.
L’esprit est donc à jamais in-situé, et in-situable.
    L’esprit n’a donc ni forme ni couleur ni consistance d’aucune sorte.
    Et au fait, qui est l’esprit, l’esprit pur ?
    L’esprit est moi.
    Il faut ajouter que l’esprit existe sous deux états : un état A s’imposant nécessaire et absolument premier, qui correspond à ce qu’on entend couramment par ‘esprit pur’ et ‘âme’ ; et un état B s’imposant, lui à l’intelligence comme complexe, contingent et second, qui correspond à ce qu’on entend couramment par ‘mon esprit’ pouvant être évoqué plus poétiquement comme celle qui unit la source et l’eau qui jaillit d’elle… Une autre manière plus décisive d’évoquer cette même relation est de dire que ‘mon esprit’ est la pure imagination de l’esprit pur’ ou ‘âme’.
Mon esprit, siège de tous les phénomènes intellectuels et mentaux n’est pas moins immatériels et inétendu que l’esprit pur. Contrairement à l’idée reçue, ‘mon esprit’ est de pure nature spirituelle.
Alors, que trouve-t-on dans ‘mon esprit’, dans ‘un esprit’ ?
    On y trouve un sujet, qu’on doit qualifier de second relativement à ce sujet premier qu’est l’esprit pur, ou âme et qu’on peut utilement se représenter comme la résurgence du sujet premier.
Ce sujet accomplit un certain nombre d’actes qui lui sont propres, et qui correspondent, en gros, aux différentes facultés intérieures que nous nous reconnaissons. L’acte de la pensée, bien sûr, vient en bonne place, parmi ces actes et, à mon avis, intervient une seconde fois dans cette activité interne en la sous-tendant entièrement ».


Stephen Jourdain

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 05:32
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